dimanche 11 avril 2010

Coffee and Cigarettes

coffee and cigarettes

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Année: 2004
Nationalité: Américain
Genre: Film Choral, Social
Réalisateur: Jim Jarmusch
Acteurs: Roberto Benigni, Steven Wright, Iggy Pop, Tom Waits, Cate Blanchett, Alfred Molina, Steve Coogan, Bill Murray…

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Tour d’horizon des Etats-Unis à travers différents cafés, ce film nous montre d’une manière simple quelques instants capturés au coin d’une table. On change alors sans cesse de lieu pour y trouver une nouvelle discussion, de nouveaux personnages mais toujours la même ambiance.

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A travers une dizaine de séquence distinctes, Jim Jarmusch tente donc de transcrire cette ambiance si particulière. Il nous montre alors de nombreux personnages, chacun ayant sa personnalité. Cependant, rare sont les moments où l’étincelle prend, où l’histoire semble véridique ou personnelle. Histoires sans intérêts, bons nombres de séquences n’ont réellement rien à dire, mise à part de nous répéter la nocivité de la cigarette. On cherche alors l’intérêt dans tout cela. A quoi bon regarder ces gens ne rien dire, à quoi bon répéter éternellement le principe qui fait certes son effet la première fois, mais qui devient très vite répétitif et barbant. Jarmusch a-t’il voulu montrer l’alliénation du fumeur et la nervosité du café-addict ? Si tel est son but, à quoi resservir 15 fois la même tirade ? D’une part l’action est confiné dans des cafés sans âmes, d’autres part les discussions sont vides de sens et d’intérêt; que reste t’il alors si ce n’est le plaisir de l’observation passive et vide d’apprentissage. Coffee & Cigarette reste donc un témoignage branlant, mort et triste traduisant sans réelle conviction ces multiples mais identiques situations. 

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Jarmusch ne s’est pas foulé au niveau de la réalisation: chaque séquence étant composé d’un plan américain, d’un champs-contre champs et d’une vue en plongée sur la table montrant du café et des cigarettes… Ouhaaaa, quel talent… Les dialogues sont eux aussi creux et déprimant, à l’image de la tripoté d’acteurs qui les jouent, sans réel conviction.

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2,3 séquences sortent heureusement du lot de la médiocrité et viennent alors pimenter le tout et nous réveiller par la même occasion. Mais au final, c’est bien insuffisant pour faire de ce Coffee & Cigarettes un film à voir. A vous donc de choisir, si vous aimez trainer dans les bars pour observer sans rien retenir, pour discuter de rien mis à part du fait que vous n’avez rien à raconter alors ce film est fait pour vous ! Pour les autres, passez votre chemin et économisez 1h30 de votre temps.

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21 commentaires:

  1. Si je peux me permettre, et malgré l'intérêt profond que je porte pour ce site, je crois que vous vous trompez. Les gens doivent voir ce film, c'est une réelle expérience.

    En effet, il ne se passe rien. Seulement des discussions, souvent insipides ou ne menant jamais à rien et, en effet aussi, certains moments sont géniaux, comme celui avec Benigni. Il reste de cette œuvre une atmosphère, une exposition lumineuse de la morne réalité, une certaine déstabilisation et une envie implacable de boire du café en fumant des clopes.

    Peut-être ce film ne s'adresse-t-il qu'à ceux qui ont vécu ces moments où la nicotine et la caféine se mélangent dans nos têtes pour créer un sentiment étrange, déplacé, une torsion de la notion de vitesse et de temps.

    Enfin, c'est ma vision. Contrairement à ce qui est dit, écoutez ce film sans plus tarder!

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  2. Oulà ! Je trouve la note injustifiée, comment noter " Coffee & Cigarettes " de Jarmush 1/10 quand "Micmac à Tire Larigot" obtient 9/10 !?! à ce compte là un monument du cinéma devra être noté 20/10...

    Après les gouts et les couleurs, je comprends tout à fait, mais il faudrait quand même que le système de notation veuille dire quelque chose, même si on n'a pas aimé l'action ou le thème du film, Jarmush qui filme ce n'est pas la même chose que le dernier nabab qui produit son blockbuster calibré en laboratoire, fut-il original ou pas, ça reste du surgelé, du "sans risque".

    Entre "coffee & cigarettes" et "Le livre d'Eli" je prends 1 baril de Jarmush et je te laisse les deux de Denzel Washington, sans problème !!!

    Au delà de cette remarque, ne change rien, ce site est impeccable, merci de nous faire partager ton univers cinématographique et musical !!!

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  3. Lol, j'étais sur que ma note provoquerait des réactions de colères et d'incompréhensions. Merci à vous deux, ça permet de discuter du film et de s'expliquer.

    Pour répondre à Singe!, je suis un fumeur invétéré, un buveur de caféine également et un consommateur de substances provoquant bien des effets sensorielles indéfinissables. Alors ne vient pas me dire que je ne comprend pas l'étrange, la torsion du temps ou l'inexplicable.

    Secondo, on ne peut pas nier, et même pour tous ceux qui aiment regarder des films chiants, où rien ne se passe, que le jeux d'acteurs, malgré le panel de stars, est ici tout simplement inexpressif.

    Troisio, l'image ne propose rien à voir, 2,3 plans réutilisé sans cesse... moi qui avait adoré Dead Man, j'ai été déçu de voir à quel point ce film est pâle, froid et simple (au niveau de l'image).

    Vous allez me dire que tous ça est justifié par la théorie du film, comme le dit si bien Singe!, la morne réalité. Bah écoutais, moi cette réalité m'a fait chier, et quant j'ai l'impression de perdre mon temps, j'ai du mal à prendre sur moi pour trouver des qualités.
    C'est surement une notation bien trop subjective, mais que voulez vous, je n'suis pas un pro...

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  4. Cependant, il ne faut pas s'arrêter à la note en elle même, qui, je l'admets volontiers, n'a pas du tout la même signification que le 1 du Livre d'Eli. Elle signifie juste que je n'ai pas aimé.

    J'admets également qu'en notant un film de façon subjective (bien que j'ai proposé de nombreux arguments objectifs), je ferme l'accès aux films à bon nombre de cinéphile qui auraient surement aimé. Mais je ne pense pas que les gens ne soient pas assés curieux pour me donner entière raison. Il s'agit de mon avis.

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  5. SlimGus, faut pas prendre ça comme une insulte, juste une espèce de théorie foireuse que tu viens justement de saper, qui voudrait que ce film ne serait qu'accessible qu'aux caféïnomanes/nicotinomanes.

    Je comprend très bien le fait que ce site soit totalement subjectif (malgré un grand sérieux) et c'est justement son principal attrait, on y trouve de tout. Je tenais seulement à émettre mon objection subjective à ta suggestion objective. Enfin, quelque chose du genre...

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  6. Ok, dsl Singe! si je l'ai pris pour moi c'est surement car je me rends compte que je suis passé à coté d'un bon film, et que ça m'énerve...

    T'as entièrement raison, ce film, s'il peut être apprécié, ce n'est, à cout sur que par les adeptes de cette expérience (café/cigarette).

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  7. Le pire, c'est que tu as peut-être raison. Ce film est connu surtout pour quelques sketchs, et toujours avec des gens très connus. D'ailleurs, Jarmusch n'a pas fait que des chefs d'œuvres, je pense à Ghost Dog, plutôt mal chié selon moi.

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  8. Ah, on est d'accord ! Je comprend pas l'engouement pour ce film, bon je l'ai pas vu en entier donc je ne peux pas donner un réel avis...

    T'as vu son dernier, Limits of Control ? Il m'intéresse mais j'ai vraiment lu de très mauvaise critique à son sujet... J'aimerais avoir un avis, pourquoi pas le tiens.

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  9. Pas vu encore... Les critiques ont ralenti mes ardeurs, mais ça viendra.

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  10. J'attend de te voir lundi pour débattre, ou je laisse un commentaire maintenant?! Bon, j'y vais maintenant, parce que ça risque fort de tourner au vinaigre si on parle de ce film en face, vu la note que tu lui met... ;)
    EtJe ne vois pas ce que tu trouves au jeu d'acteur, vraiment... Il n'y a rien de plus vrai que la scène avec Iggy Pop et Tom Waits, celle avec Benigni, celle avec RZA et Bill Murray...
    En effet, c'est simple, mais c'est beau, juste ces petits bouts de vérités.
    Pourquoi est-ce que t'aurais absolument voulu que Jarmush utilise des plans sophistiqués, d'ailleurs?
    J'ai l'impression que pour qu'un film te convienne, il faut un montage d'hyperactif... Ici c'est plus posé, on est assis avec eux...

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  11. Et puis bon, je remarque quand même que tu as mis 2 étoiles à 2012... Tu te base sur quoi, pour noter les films? Pas sur celle du cinéma, du vrai, j'ai l'impression...

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  12. Et pour toi, il faut quoi pour qu'un film te plaise ? Deux plans, une tasse de café, des dialogues vides, un jeu d'acteur sorti d'une école de théatre d'un blède pommé ? Ahhh oui, ia Iggy Pop, un juke-box et du Rock 60's en fond alors sa y est tu bandes ?

    Ne cherchez pas, je ne changerais pas d'avis sur ce film. Pour moi c'est une merde. Il ne dit rien, et personnellement j'aime le cinéma qui a quelque chose à dire, pas le cinéma qui s'extasie devant le pet d'une mouche!

    Pour la note, t'aurais lu les coms je me suis déjà expliquer la dessus, il ne vaut pas 1 étoile c'est une certitude, mais c'est un plaisir que je me garde, cracher sur qui je veux, quand je veux. Fait un blog, écris des critiques, et note toi-meme si je ne te plais pas.


    T'as raison de ne pas avoir attendu Lundi pour en parler tellement sa m'énerve !!!!

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  13. 2012, malgré sa montagne de défauts, nous donne quelque chose à voir !

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  14. à propos de "The Limits Of Control" tu risque de détester, ça j'en mets ma main à couper !!!

    Très peu de dialogues, un scénario accessoire, tout reposant sur l'atmosphère des paysages, de la musique (très importante dans l'univers de Jarmusch), tout est fait dans un esprit hermétique, limite ésotérique, à l'image de la mission du protagoniste que l'on devine secrète et dont on ignore la cause. Rien ne transpire des personnages, leur identité et leur caractère est à peine suggéré, le spectateur n'a rien à apprécier ni à comprendre, il est en quelque sorte réduit à un rôle passif de récepteur, comme un témoin d'une scène de crime dont il ne comprend pas les enjeux et qu'il ne peut juger d'un point de vue moral. Ce film paraîtra déroutant à ceux qui cherchent à comprendre un scénario, ou la psychologie de personnages, l'action est inamovible et ne génère pas de suspens, ni de rebondissement, l'action est la toile de fond qui sert le véritable propos de ce film : l'esthétique du mystère, l'intériorisation des sentiments face à une tâche immorale secrète et commanditée. Le facteur humain étant réduit à la simple exécution d'une tâche dans le processus d'un complot, Jarmusch filme le masque sans jamais chercher le visage qui se cache derrière. Tout est froid opaque, intériorisé, crypté, le réalisateur ne cherchant pas à émettre un avis ni une condamnation des responsables, il nous sert ce qui ressemble fortement à un constat de notre époque, notre statut de spectateur impuissant face aux agissements souterrains et secrets de puissances opaques. Utilisant le travestissement des protagonistes comme couverture à des activités criminelles, brouillant le jugement du spectateur. Le héros est à la fois bourreau et victime, le libre-arbitre d'un pion réduit à néant dans la machine froide. Jarmusch s'illustre ici dans le non-dit, la suggestion, l'atmosphère et l'environnement sont les vrais sujets de ce film; comme résultants du mystère.
    Là où Lynch utilise le fantastique pour sublimer le mystère, Jarmusch refuse le surnaturel et se contente d'un point de vue rationnel et humain et donc forcément limité et frustrant. Il refuse à sa narration tous les artifices qui permettent de dépasser le réel et de comprendre les sentiments ou la direction d'une action. Nous sommes prisonnier, tel le protagoniste d'une tâche dont on ne sait rien et qui nous échappe.

    Selon certain il pourrait être bien plus chargé politiquement qu'il n'en à l'air et bien encré dans le réél, pour d'autres il se rajoutera à la liste de films ennuyeux et sans saveur.

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  15. Ouha! Premièrement t'écris vachement bien je trouve ! T'as l'air de largement mieux comprendre ses films que moi en tout cas ^^.

    Merci pour ton avis, qui m'évite, à coups sur, de le regarder ^^.

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  16. Merci pour le compliment!
    Pour ce qui est de "comprendre" un film je préfère plutôt parler de "ressentir", surtout d'ailleurs pour des films comme "The Limits of Control" ou le scénario peut se résumer à quelques phrases... Mais toutefois je comprends ta déception par rapport à "Coffee & Cigarettes", moi qui suis également un grand fan de "Deadman" ou de "Down By Law", j'étais quelque peu déçu par ce film (tout comme Ghost Dog qui m'avait paru très puéril) qui en comparaison aux deux précédents peut paraître fade et anecdotique (pas au point de lui mettre 1/20 mais j'arrive à comprendre ton point de vue, et puis t'es chez toi ici !!!). Et quelquefois, il faut aussi l'avouer certains réalisateurs bénéficient d'une sorte de "hype", qui te classe directement dans "le mauvais goût" si tu as le malheur de ne pas les aimer (et inversement, comme avec Mocky si tu aime tu es un ringard pestiféré). Mais bon, généralement le temps fait bien les choses et rend à César ce qui lui appartient !

    Après je ne suis pas un expert du bon goût (Dieu merçi, je serais alors une espèce entre Nadine de Rotschild et Géneviève de Fontenay !!!), ni du cinéma d'ailleurs, tout ce que je peux dire c'est que j'apprécie le cinéma de Jarmusch de ses films les plus moyens aux meilleurs, comme avec les gens que l'on aime au point de leur pardonner et même d'apprécier leur défauts... Alors je l'avoue je suis prêts à pardonner beaucoup à Jarmusch et au cinéma indépendant qui ne se base pas sur le marketing pour remplir les salles, mais qui pense plutôt à construire une oeuvre.
    Un bon exemple qui m'a énormément déçu, c'est le cas de Tarantino, maintenant quasi-intouchable, qui a commencé avec une œuvre corrosive et violente, mais aussi très profonde et vivante, pour finir par filmer des séries B désincarnées, mais toujours avec la recette qui l'a fait connaître : violence, "coolitude", sadisme, humour... Par contre l'âme n'y est semble-t-il plus et le marketing d'Hollywood ainsi que le plan retraite de Quentin est passé par là.
    à contrario il me semble alors que Jarmusch fait ce que l'on n'attends pas de lui, n'a retenu aucune recette gagnante qu'il aurait pu répéter à l'infini ( Ghost Dog mixé à Dead Man en noir & blanc, avec Benigni musique de Wu tang ou de Neil Young au choix > voir Mozinor et la recette de Besson !!!)
    Voilà en somme mon point de vue, très loin de moi l'idée de t'imposer Jarmusch comme intouchable, mais il fallait bien que je tente de rendre à Hollywood sa machine formatée parce que je (re)garde l'enfant de Jarmusch (grandir).

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  17. ah au fait j'oubliais merci pour "La Merditude des Choses" j'ai adoré ce film, très juste et pas du tout moraliste ni misérabiliste, très très fort !!

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  18. Que rajouter après une justification aussi bien menée ?
    J'aimerais être de ton avis et je pense l'être pour bon nombre de cinéaste. J'aimerais renier le cinéma qui ne pense qu'à faire des entrées et du blé mais malheureusement je ne peux l'être. Pour l'exemple de Tarantino je te suis dans l'idée, mais je dois reconnaitre que ses derniers films, bien que bien moins personnel et travaillé ont tout de même une âme, une touche Tarantino que l'on ne peut nier. J'ai l'impression que ce réalisateur s'amuse totalement dans se qu'il fait, c'est franchement pas le bon exemple, à mon avis, du réalisateur qui a vendu son talent à Hollywood.

    Besson est un bien meilleur exemple et je pense que Mozinor l'a, en effet, bien résumé. J'ai lu une critique de son dernier, Adèle Blanc-Sec, qui signe son arrêt de mort ^^.

    Je jetterais un oeil intéressé à Down By Law, en espérant retrouver le Jarmusch que j'avais adulé pour Dead Man.
    En tout cas merci pour ton avis, merci pour ton développement et ta passion. Tu écris sur le cinéma? (blog, site, journal ?)

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  19. En effet Tarantino n'est pas le meilleur exemple vu qu'il a d'emblée commencé à Hollywood... Euh non d'habitude je n'écris pas sur le cinéma, à part ici !

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  20. Slim', je te conseille tres fortement Down by Law qui est absolument génial !

    En ce qui concerne Coffee & Cigarettes, j'ai beaucoup aimé néanmoins je commente cet article pour saluer la défense des tes positions face à ce film ;)

    en effet tu m'as bien fait marrer ! Bien que je ne sois pas d'accord avec toi concernant la qualité du film, j'adhere d'une certaine manière totalement à la mort du cinéma qui s'extasie devant un pet de mouche (pour te citer ;) )

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  21. ;) J'viens de le dl et j'contais bien le matter pour rendre un peu de respect à Jarmusch ^^. Ton avis m'en donnes la motive.

    Merci pour ton com, a+

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