lundi 22 mars 2010

La Merditude des choses

la merditude des choses

8

Année: 2009
Réalisateur: Felix Van Groeningen
Acteurs: Johan Heldenbergh, Koen De Graeve, Pauline Grossen

vlcsnap-2010-03-22-19h43m53s242

Gunther Strobbe est un écrivain en mal de reconnaissance. Attendant l’approbation d’une maison d’édition, il prend un instant pour nous raconter son enfance. Habitant Trouduc-les-Oyes, avec son père, sa grand-mère et ses trois oncles, il passa sa jeunesse entre  beuveries quotidiennes au café du coin et inactivité totale dans le fond d’un canapé… Le film prend alors la forme d’un aller-retour constant entre sa vie actuelle et son enfance nous expliquant ainsi les raisons de ses choix, de son mode de vie et de son caractère.

vlcsnap-2010-03-22-19h03m41s201vlcsnap-2010-03-22-19h11m16s133vlcsnap-2010-03-22-19h12m59s136vlcsnap-2010-03-22-19h34m03s237vlcsnap-2010-03-22-19h00m21s224

Le réalisateur nous raconte cette histoire sans artifice et sans honte. Entre déchéance, alcoolisme et véritable fraternité, il parvient à donner une identité à cette famille. Le spectateur s’attache alors à ces personnages , à leur mode de vie et à leur “idéologie” car au delà de leurs pauvreté matériel, le réalisateur s’attarde à nous montrer leur richesse émotionnelles, leur sensibilité enfouie et masquée derrière des litres de bières. Vivant de choses simples, de petits moments de bonheur suffisant à rendre meilleure une journée, La Merditude des choses nous expliquent alors comment trouver du bon là où même les mouches n’oseraient pas se poser. On se surprend alors de certaines scènes, atroce dans le fond (ex: Gunther qui nettoie la gerbe de son père endormi pendant que le chat mange les restes) mais qui pourtant ici semble naturelles et innocentes.

vlcsnap-2010-03-22-19h29m01s36vlcsnap-2010-03-22-19h29m47s231vlcsnap-2010-03-22-19h32m34s115vlcsnap-2010-03-22-19h08m22s176vlcsnap-2010-03-22-19h17m56s41

[Monologue culte]

Le train continue à se frayer un chemin dans ma vie. Mais on pardonne beaucoup à un train. Parce que c’est un train. Contrairement à une voiture, il passe par l’arrière du monde. Les maisons classées du quartier de la gare s’avèrent être des taudis. Mais ces ruines ne se voient que depuis la voie ferrée. Aucun véhicule ne vous donne une vue plus sincère du pays que le train. Contemplez nos jardinets, nos pigeonniers, nos cabanes. Admirez nos sous-vêtements qui sèchent dehors. Contemplez nos nains de jardin, nos céleris, nos poireaux, nos vérandas et nos barbecues maçonnés. Regardez comment les vaches font places aux monstres de brique, construits par des gens sans goût avec la complicité des banques et amochant le paysage flamand. Prenez le train et regardez comment, immobiles le long de la voie, le marbre et le granit s’ennuient sous une couche de poussière, offrant une dernière demeure à nos proches.

vlcsnap-2010-03-22-19h19m25s164vlcsnap-2010-03-22-19h15m13s197vlcsnap-2010-03-22-19h27m11s224vlcsnap-2010-03-22-19h23m58s73

Sans jamais nous faire rêver, le réalisateur nous propose un regard totalement différent sur la vie, sur la façon de la mener et d’en profiter. Une véritable fable plongée dans un univers cradingue et répugnant pour bon nombre de personnes mais qui cependant, ici, ne peut subir de comparaison. Cette famille ne se pose pas la question de la normalité, elle mène sa vie comme bon lui semble, sans se laisser diriger par une quelconque normalité. La Merditude des choses est donc une touchante et sublime histoire de famille. L’histoire d’un père amoureux de son fils et d’un fils perturbé par sa différence. On suit alors l’arrachement de ces deux hommes, l’un voulant quitter le foyer et l’autre s’attachant à son dernier espoir, à sa dernière fierté.

vlcsnap-2010-03-22-20h10m21s253vlcsnap-2010-03-22-19h22m56s222vlcsnap-2010-03-22-19h15m32s119vlcsnap-2010-03-22-19h17m07s62vlcsnap-2010-03-22-20h11m00s140

A la manière de Billy Elliot, La Merditude des choses nous propose une histoire différente, atypique et donc profondément intéressante. Sans jamais s’inquiéter de l’intérêt du public pour une tel histoire, le réalisateur s’attache à faire SON film, à montrer à sa manière son histoire et ses personnages. Rares sont les histoires si touchantes de part leur authenticité, rare sont les témoignages de la marginalité de nos jours, voici pourquoi ce film est indispensable: il est tout simplement différent des autres.

vlcsnap-2010-03-22-20h20m24s144

info release: qualité DVDRip

Liens de téléchargement:

[VOSTFR]

   [Rapidshare]

   [Hotfile]

7 commentaires:

  1. ca je pense que c'est un film qui va beaucoup me plaire ! merci slim :)

    RépondreSupprimer
  2. ...Prenez le train et regardez comment, immobiles le long de la voie, le marbre et le granit s’ennuient sous une couche de poussière, offrant une dernière demeure à nos proches. Elle est belle cette phrase !J'aurai bien aimé lire un de ses romans ! le film est magnifique mais je crois que ta critique, ta vision du film l'est encore plus! j'adore te lire slim ! merci pour ce que tu fais :)

    RépondreSupprimer
  3. J'adore aussi cette phrase, magnifiquement mise en image, je trouve d'ailleurs que c'est un des meilleurs moments du film, en apothéose !

    Merci pour tes compliments, pour ton soutient et ton activisme ^^. J'aime beaucoup également ce que tu écris.(notamment sur micmac)

    RépondreSupprimer
  4. Et bien, et bien ! Ce moisi si, on est gâté en film !

    Ce que j'ai adoré par dessus tout dans se film c'est surtout la profondeur et la finesse qui ressort de toute cette crasse apparente.
    D'ailleurs, l'affiche est superbe, a première vue on s'attend à un film d'humour bien lourde et sympathique après une dure journée de travail et une fois dans la salle après quelques minutes on se reçoit cette magnifique claque dans la tronche en se rendant compte qu'on c'est fait complètement avoir, et heureusement dans le bon sens terme !

    Enfin, c'est valable pour moi qui ait l'habitude d'aller voir des films au cinéma en essayant le plus possible d'éviter tout avis et toutes critiques au préalable.

    RépondreSupprimer
  5. J'ai découvert ce film hier soir et le monologue du train est le passage qui m'a le plus touché, c'est de la poésie à l'état pur, un petit bijou de réflexion...
    Magnifique.

    RépondreSupprimer
  6. Bonjour, et merci pour ce compte rendu. Très beau film qui atteint parfois des sommets de poésie qui nous pètent à la figure au beau milieu d'une scène atroce.
    Quelle est la phrase qui finit par "la merditude des choses", et qui a rapport avec la paternité? c'est la plus belle ,avec celle du train.;

    RépondreSupprimer
  7. superbe film, tellement d'amour entre ce père et son fils...

    RépondreSupprimer

Pour enregistrer un commentaire:
- taper le com
- dérouler la barre "Commentaire"
- sélectionner "Nom/Url"
- entrer les info personnelles.
- publier le com